Les élections départementales (nouvelle formule pour les ex-cantonales) se tiendront les dimanches 22 et 29 mars 2015.

Le Collectif Vivre sans BIP a interrogé les différents groupes de candidats pour avoir leur avis sur le projet "avenue du Parisis".

Ci-dessous le message qui leur a été transmis :

Montmorency, le 8 mars 2015

Monsieur le candidat,
Madame la candidate,

Le Conseil général semble vouloir relancer le BIP malgré la forte opposition constatée de la part des habitants de la Vallée de Montmorency notamment lors de l’enquête de concertation menée durant l’automne 2011.

Nombreux sont ceux qui pensent que cette infrastructure routière n’a plus de raison d’être :

- augmentation des nuisances sonores des populations locales déjà durement affectées par le survol incessant des aéronefs,

- accroissement de la pollution atmosphérique et des émissions de Gaz à Effet de Serre avec les répercussions sur la santé qui ne manqueront pas d’en découler,

- destruction d’espaces naturels,

- altération de zones hydrologiques complexes,...

- situation financière du département

Le Collectif « Vivre sans BIP » estime toujours que le budget qui serait consacré à la réalisation de cette infrastructure – même simplifiée – devrait être affecté à l’amélioration générale des transports alternatifs non polluants ou à d’autres besoins prioritaires (crèches, ..)

Nous souhaiterions connaître la position de la liste que vous conduirez pour les prochaines élections départementales prochaines sur ce projet. Ce nouveau projet vous convient-il ? Etes vous favorable à sa réalisation ou estimez vous que priorité absolue doit être désormais donnée à la réalisation de moyens de transports respectueux de l’environnement ?

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur, Madame, l'expression de mes salutations distinguées.

NB : nous nous réservons la possibilité de publier votre position (ou l’absence de position).

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Réponse EELV, canton de Montmorency - Catherine DAVID–DELCOMBRE et Jean François PATINGRE :

Le conseil général semble relancer le BIP avec un nouveau projet. Nous n'avons pas eu connaissance de ce dossier, cependant depuis de nombreuses années nous sommes farouchement opposés au prolongement de l'avenue du Parisis et nous nous sommes toujours prononcés contre lors de précédentes élections sur les cantons de Soisy en 2008 et sur le canton de Montmorency en 2011.

Nous souhaitons que ce projet soit définitivement abandonné car trop coûteux et inutile pour nos concitoyens, source incontestée de nuisances et de pollution pour notre territoire.

Nous proposons des aménagements alternatifs et peu coûteux pour désengorger l'avenue Kellermann à Soisy.

Nous voulons améliorer les transports collectifs entre nos territoires (régularité, accessibilité, coûts) et mettre en place un plan de développement des circulations douces (vélo, piétons) pour les déplacements quotidiens. Nous apporterons une aide aux transports innovants et non polluants (taxis collectifs et covoiturage).

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Réponse EELV, canton de Deuil la barre - Celia JOUSSERAND et Vincent GAYRARD :

Le prolongement de l'avenue du Parisis (BIP) est un projet inutile et destructeur de l'environnement.

Inutile car les besoins de déplacement d'ouest en est sont déjà assurés par les autoroutes A104 et A86 et par la liaison ferrée de la Tangentielle Nord qui sera bientôt mise en service.

Cette liaison est néfaste pour l'environnement du fait des émissions de polluants athmosphériques et des nuisances sonores supplémentaires qu'elle engendrera.

C'est une infrastructure dépassée qui n'a plus raison d'être dans le contexte de crise sociale, économique et environnentale que nous connaissons. Symbole de la gabegie des deniers publiques, nous demandons son abandon définitif, que ce soit sa portion ouest (Soisy-Groslay) ou est (Sarcelles - Gonesse).

Nous proposons que les terrains prévus pour sa réalisation soient dédiés à l'aménagement d'une coulée verte avec jardins partagés et maraichage de proximité. Nous demandons à ce que les crédits qui lui sont affectés soient destinés à l'amélioration des transports propres.

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Réponse (extrait) PS, canton de Montmorency - Anne Mokry et Romain Eskenazi :

.../... Appartenant à la majorité municipale de Montmorency entre 2008 et 2014, vous connaissez la réflexion engagée il y a plusieurs années par Monsieur François DETTON, alors maire de Montmorency, et son équipe, à laquelle j'ai été pleinement associé.

Nous avons dans un premier temps relevé les incohérences techniquesdu projet et l'incapacité réelle à le financer sans faire appel aux contribuables de nos villes.

Lors d'un conseil municipal de Montmorency, vous vous souvenez sans doute que, contrairement aux engagements des circonstances de René Bazin, Michèle Berthy alors simple conseillère municipale de notre ville, avait révélé la réflexion sur une participation financière des communautés d'agglomération notamment!

A la suite d'une réunion publique de promotion du projet organisée par le conseil général au cours de laquelle Michèle Berthy, si elle était restée particulièrement taisante, avait néanmoins apporté son plein soutien au projet, nous avons élaboré une position d'opposition à ce projet, notamment au regard de l'impact environnemental désastreux et de son incapacité à répondre à de vraies difficultés concernant les transports dans la vallée de Montmorency et plus particulièrement des transports en commun.

Cette position reste fermement la notre aujourd'hui, convaincus de l'inutilité de cette voie urbaine pour les déplacements dans la vallée de Montmorency quand il y a tant de besoin à financerpour relier nos réseaux de bus à celui des transports ferrés qui se sont considérablement développés à proximité avec les nouvelles lignes de tramways et bientôt la mise en service de la tangentielle légère Nord. .../...

Réponse complète : 

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Réponse (extrait) UDI, canton de Montmorency - Linda Lavoix et Fabien Bosc :

.../... En l'état actuel, nous sommes fermement opposés au projet du BIP, en particulier concernant la portion qui traverserait la ville de Montmorency. C'est cette position que nous défendrons au sein du Conseil départemental. Ce projet vieux de 70 ans, ne s'inscrit pas dans une démarche de développement durable, c'est à dire à la fois respectueux de l'environnement mais aussi anticipant les mutations sociétales des 20 à 30 ans à venir.

En tant que candidats aux élections départementales, nous avons établi une liste de 10 engagements auxquels nous nous tiendrons. La question des infrastructures routières est abordée dans notre engagement N°7 :

"Optimiser les infrastructures en concertation avec tous :

- OUI à la déviation de Montlignon

- NON au BIP en l'état, Ré-étudions ce projet"

Le projet BIP a soulevé et continue de soulever une vague d'hostilités de la part des habitants de la Vallée de Montmorency et nous espérons que notre réponse détaillée permettra de vous éclairer quant à nos intentions sur ce point précis. .../...

Réponse complète :

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Réponse PS, canton de Deuil la Barre - Anne Dufour et Romain Jolivot :

Dans le cadre de la campagne des élections départementales de mars 2015 vous avez voulu nous interroger sur la position que nous soutenons à l'égard du projet de l'avenue du Parisis porté par l'actuel conseil général du Val d'Oise.

Dans la continuité de la position affirmée lors des municipales de 2014, nous nous opposons fermement et sans réserve à cette nouvelle réalisation défendue par la majorité UMP-UVO du département.

Nous estimons qu'il s'agit là d'un projet dépassé qui ne répond pas à l'intérêt des communes qu'il traverse et de ses habitants. Il ne permettra pas de désengorger les villes et comme tout nouvel axe routier, il contribuera à densifier le trafic dans les villes et leurs alentours.

Nous devons privilégier les modes de transport doux et les transports en commun.

En plus de constituer une atteinte à la qualité de vie aux alentours de ce projet, il entraînera une augmentation de la pollution de l'air et du bruit alors que nos concitoyens subissent déjà les nuisances liées à l'aéroport Roissy CDG.

Dans ce contexte de crise économique et de réduction drastique des investissements du département, nous estimons que ce budget de plus 500M€ doit être mieux utiliser pour développer des projets utiles aux habitants du Val d'Oise.

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Réponse UMP, canton de Montmorency - Michèle BERTHY et Luc STREHAIANO :

Véritable serpent de mer de la politique valdoisienne, le projet de Boulevard Interurbain du Parisis ou Avenue du Parisis, que nous nous étions engagés à relancer, est aujourd’hui entré en phase opérationnelle.

Sur le tracé Est, les travaux ont débuté dès la concertation publique terminée, et seront achevés fin 2015 - début 2016, pour un montant total de travaux de près de 60M€, cofinancés par la Région. Ce projet permettra de mieux desservir le bassin d’emploi de Roissy-Charles de Gaulle, et donc de renforcer l’attractivité et le développement économique de ce territoire.

Sur le tracé Ouest, comme vous le savez, nous avons entendu les demandes et les inquiétudes des populations exprimées lors des réunions publiques organisées à l’automne 2012, notamment en matière de cadre de vie. Le projet présenté n’était pas acceptable, nous l’avons rejeté.

Nous avons donc demandé et obtenu la prolongation de la phase d’étude, dans l’objectif d’aboutir à un projet conciliant respect du cadre de vie et de l’environnement, qualité des transports publics et fluidité du trafic, ainsi que l’utilisation efficiente et raisonnée des fonds publics.

Car aujourd’hui, dans nos communes, le trafic est très largement saturé, et cette situation n’est pas compatible avec nos exigences environnementales.

Depuis la mise en service en 2003 de la section comprise entre l’autoroute A15 et la RD 109, nous sommes passés de 18.000 véhicules par jour à plus de 34.000 sur l’avenue Kellermann à Soisy, essentiellement de la circulation de transit.

En tant qu’élus locaux, conscients de cette nuisance, il est de notre responsabilité, de notre devoir, d’examiner toutes les solutions permettant d’y mettre un terme.

Nous avons la conviction que la poursuite de l’Avenue du Parisis, bien traitée, dans le cadre d’un projet concerté et dimensionné à notre environnement, peut être une opportunité pour nos communes et nos habitants.

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Message de Philippe Sueur (UMP), candidat avec Muriel Scolan (UDI) sur le canton de Deuil La Barre :

Monsieur Le Président de l'Association Sos Vallée de Montmorency et Coordonnateur du Collectif Vivre sans BIP.

Vous sonnez le tocsin sur ce projet historique, en stigmatisant le Conseil départemental et ses acteurs, dont je suis, au regard de la délégation routes et transports dont j’ai été investi depuis 2011.

Vous n'ignorez pas que le projet d’État du B.I.P. (Boulevard intercommunal du Parisis) remonte à 1932, réactivé dans les années 60 pour réaliser un barreau de liaison entre l’A15 et l’A1 dans une conception autoroutière, que j’ai toujours combattue parce qu’il ne desservait en rien les communes traversées et générait des nuisances évidentes.

La loi de décentralisation de 2004 a transféré au département la compétence routière avec le dossier BIP et le foncier correspondant, soit 72 % des acquisitions. Il est alors apparu au Conseil général qu’il était de sa responsabilité d’apprécier la pertinence du projet et ses inconvénients. C’est ce qui conduisit les services des routes et infrastructures à repenser le tracé en avenue interurbaine pour desservir chaque commune en réalisant 11 giratoires sur les 13 km distant entre Gonesse et Soisy-sous-Montmorency, en réduisant à deux fois 2 voies et une vitesse à 70 km/h. C’est ce qui fut mis à l’étude et ce que poursuivit la majorité socialiste de 2008 à 2011.

En 2011, la nouvelle majorité UVO héritait d’un dossier nové par l’ajout d’une troisième voie, dite « site propre » pour un bus à haut niveau de service (bus express Argenteuil/Roissy) voire un tramway tels que les Verts et les services de la Région Ile-de-France le suggéraient. C’est sur ces principes que le dossier fut mis à la concertation sous l’autorité d’un garant désigné par la Commission nationale du débat public. Ainsi, à l’automne 2012 fut organisé un débat dans chaque commune traversée.

Le projet présentait deux sections bien distinctes : l’une à l’Est de Gonesse à Sarcelles RD-301 et l’autre de Sarcelles-Groslay à Soisy-sous-Montmorency.

Le premier tronçon est d’un intérêt général évident et urgent pour assurer la sécurité des flux routiers, la tranquillité des riverains notamment d’Arnouville-lès-Gonesse et le développement économique de ce secteur fragile. L’unanimité des élus locaux fut immédiate et pressante, l’adhésion des habitants fut expresse, seuls des groupuscules de « Verts » itinérants exprimaient leur opposition. Le garant ne put que conclure à la pertinence et à la viabilité d’un projet urgent estimé au prix très élevé de 217 millions d’euros.

Le second tronçon depuis la RD-301 vers l’actuelle RD-170 à Soisy/Saint Gratien ne présentait pas la même capacité d’intégration dans l’environnement et révèle une plus grande complexité de réalisation ainsi qu’un coût supérieur au km pour une insertion paysagère satisfaisante et protectrice. La concertation dans chaque commune a révélé des réserves fortes de certains d’élus et des oppositions de riverains. Il était clair qu’au-delà d’une diabolisation excessive que la passion anime chez certains, le projet n’était ni compris ni reçu. C’est le mérite de la démocratie que de travailler à des projets d’intérêt général et d’en tirer les conclusions lorsque l’adhésion n’est pas au rendez-vous. C’était notre responsabilité, celle du Président du Conseil général, de moi-même et de notre majorité de faire cette démarche.

En clair, si sur le tronçon Est, l’ouvrage sera réalisé dans les meilleurs délais, sur l’Ouest le projet n’est plus d’actualité, il n’est pas financé et finançable et je ne saurais le soutenir.

Toutefois, les questions routières demeurent : les flux interurbains polluent Soisy-sous-Montmorency et Montmorency, les poids lourds qui traversent Deuil-La Barre, insécurisent les riverains et les transports routiers qui devraient assurer les liaisons transversales sont quasi inexistants. Il serait agréable et utile que les citoyens qui critiquent soient aussi force de proposition.

Bien à vous.

Philippe Sueur

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